Refonder le système économique pour une vrai économie sociale de marché
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mso-bidi-font-family:Verdana;mso-ansi-language:EN-US">La crise économique et financière a ébranlé un certain nombre de soi-disant vérités constituant la « pensée unique » pendant plusieurs décennies. Les marchés auraient toujours raison. La compétitivité serait au-dessus de tout, y compris au-dessus du bien-être auquel aspirent les populations. C’est sur ces bases que s’est développé un monde globalisé au sein duquel la pauvreté a certes reculé mais qui a en même temps produit, d’un côté, de plus en plus d’exclus, et de l’autre côté, une petite minorité de super-privilégiés.
L’aberration de la compétitivité économique à outrance ainsi que de la recherche de profits exorbitants au bénéfice de dirigeants d’entreprises ou d’actionnaires a mené le système proche de l’implosion. Il y a donc urgence à refonder le système économique et à remettre en place une vraie économie sociale de marché.
Il appartient à l’Europe de favoriser le retour à une organisation de la vie économique qui combine un fonctionnement régulé des marchés, nécessaire à l’efficacité économique, avec la protection sociale, garantie de justice.
Personne ne conteste que l’Europe doit être compétitive dans une économie globalisée. Elle le reste ou le redevient non pas en réduisant les droits sociaux, mais en investissant dans la connaissance, l’innovation, l’éducation et la créativité. Un salaire européen ne pourra jamais, dans un avenir prévisible, être concurrentiel face à un salaire chinois, vietnamien etc. L’Europe sera concurrentielle en étant à la pointe des technologies de demain, qui répondent entre autres au changement climatique, aux contraintes énergétiques, aux révolutions biotechnologiques etc. Aucun pays européen ne pourra y répondre seul. La dimension européenne, celle d’un espace économique de 500 millions de consommateurs, de producteurs, d’inventeurs, y est nécessaire. La stratégie de Lisbonne doit cesser d’être déclaratoire. Elle doit devenir une vraie stratégie opérationnelle bénéficiant de ressources financières suffisantes et activée par une réelle volonté politique.
C’est en favorisant une telle compétitivité rénovée et revigorée que l’Europe réussira aussi à asseoir son « modèle social » sur des bases nouvelles. Dans l’imaginaire des peuples européens, l’idée européenne a longtemps rimé avec paix et prospérité. Le marché intérieur n’a hélas pas été accompagné d’une dimension sociale adéquate. La pauvreté et l’exclusion des chômeurs mais aussi de beaucoup de travailleurs à statut précaire se sont répandues dans nos sociétés emportées par la folie des gains financiers à court terme.
Il faut donc aujourd’hui remettre la finance au service de l’économie réelle, et cette dernière doit de nouveau servir le progrès social. Le monde et son économie ne peuvent plus être régis par les seuls cours boursiers. Il faut que la crise qui est globale fournisse à l’Europe l’occasion pour 1) redéfinir ses priorités politiques et économiques, 2) développer un modèle économique qui allie compétitivité, justice et respect de l’environnement, 3) contribuer à une nouvelle gouvernance mondiale.
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